Résoudre le skill gap

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L’écart entre les besoins des entreprises technologiques et les capacités des entrants diplômés sur le marché du travail ne cesse de se creuser. Est-ce un processus inéluctable ? 

Le skill gap ? Oui, c’est le problème de l’écart existant entre les compétences numériques acquises par les étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et les compétences qu’ils doivent acquérir pour être performants dans le monde professionnel.

Résultat, les plus grandes entreprises tech cessent petit à petit d’embaucher sur la base d’un diplôme, au détriment des compétences. Aux connaissances générales et maîtrise des bases, on préfère aujourd’hui l’idéation, l’adaptation et des compétences techniques plus précises.

Il y a skill gap, car le système de formation universitaire français n’est pas adapté à l’époque.

Un, on se focalise trop sur les notes. Le système de notation n’aide pas les apprenants à persévérer et à apprendre ce qui les intéresse vraiment. Les notes ne donnent qu’un feed-back basé sur des critères qui ne correspondent pas aux besoins des employeurs : les leçons bien apprises”, “les concepts bien compris”. Le classement basé sur les compétences est plus apte à refléter la capacité de chacun à utiliser ce qui a été appris dans une situation donnée.

Deux, l’organisation de l’administration et du corps professoral ne sont pas adaptés à des changements rapides et à l’innovation. Ainsi, en moyenne, les cursus changent tous les trois ans, tandis que de nouvelles tendances apparaissent chaque année, notamment en IT ou en marketing.

Enfin, trois, la pédagogie n’est pas nécessairement le point fort des professeurs de l’enseignement supérieur, trop souvent braqués sur leurs certitudes théoriques.

À tout problème, une solution. Celle-ci passe-t-elle par le digital ?

On pourrait penser que oui, du fait du nombre de formations online disponibles. Ainsi, plus de 900 universités dans le monde ont leur propre programme d’apprentissage en ligne. Mais ne nous y trompons pas, le taux moyen de succès d’un MOOC, par exemple sur Coursera, est d’environ 13%.

Donc : non ! Le digital n’est qu’un moyen qui ne sert que les mieux formés. Le serpent se mord la queue. Alors peut-être que le skill gap doit être résolu par l’entreprise elle-même ? C’est en effet le meilleur moyen pour contrer le skill gap. Sauf qu’il y a deux problèmes. 

Problème n°1 : pour être formé en entreprise, il faut d’abord être embauché. Or, selon une étude de la Commission européenne, les employeurs attendent des étudiants d’avoir les compétences nécessaires pour être embauchés. Donc il faut déjà être formé pour être embauché. Là aussi le serpent se mord la queue.

Problème n°2 : nombre d’entreprises ne construisent pas une dynamique d’apprentissage efficace pour leurs employés, car elles ne sont pas suffisamment organisées de manière horizontale ou parce qu’elles n”offrent pas de flexibilité de projet à leurs équipes internes. La grande majorité des entreprises ne forment dont pas non plus.

Ceci est bien dommage car selon un rapport LinkedIn sur le lieu de travail, 94% des employés resteraient plus longtemps dans leur entreprise s’ils investissaient davantage dans l’apprentissage et la formation.

Donc reste la question initiale : comment industrialiser la résolution du skill gap ?

Bien sur, si l’université se révolutionne, il y aura moyen de résoudre ce décalage. Mais le temps de l’institution est un temps long. Ce n’est pas le temps du marché. D’où la nécessité pour des entreprises de formations privées de se positionner sur ce besoin.

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